Articles Tagués ‘euro’

Via : Le Journal du Siècle

Des dizaines de milliers de manifestants se sont massés devant le Parlement grec ce 7 Novembre à Athènes, pour protester contre le vote prévu dans la nuit par les députés d’un nouveau train de rigueur réclamé par UE et FMI pour maintenir le pays à flot. Suivez les événements en direct.

 

Les événements en direct, c’est ici !

Des banderoles se sont dressées devant le bâtiment illuminé, appelant à l’ »Effacement de la dette, résistance aux mesures de misères » ou à la « Résistance, lutte, renversement ».

Un important dispositif des forces de l’ordre bloquait les artères longeant la Parlement aussi bien aux automobilistes qu’aux piétons.

 

Ce rassemblement est le point culminant d’une grève générale de 48 heures décrétée contre les nouvelles mesures de rigueur, au lendemain de premiers défilés ayant rassemblé dans le calme quelque 60.000 personnes à Athènes et Salonique, deuxième centre urbain grec, dans le nord, selon la police.

Le projet de loi pluriannuel 2013-2016 que la coalition gouvernementale doit en principe faire adopter prévoit d’ici 2016 des économies budgétaires de 18 milliards d’euros, essentiellement via de nouvelles coupes dans les retraites, les salaires publics, les prestations sociales et dépenses de santé.

Le texte accentue aussi la dérégulation des marchés du travail et des services réclamée par les bailleurs de fonds, UE et FMI, et renvoie à 67 ans, contre 65 ans, l’âge légal de départ à la retraite. Son adoption est exigée par UE et FMI pour reprendre la perfusion financière au pays, exposé sinon à la cessation de paiement dès la fin du mois.

 

Via : Bellaciao.fr

mardi 6 novembre 2012

http://regardsurlarealite.r.e.pic.centerblog.net/o/6065c7bc.jpg

Le gouvernement vient de répondre aux demandes insistantes du patronat en imaginant un "crédit d’impôt" de 20 milliards pour les entreprises.

Ce "crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi" (CICE) est une des mesures du plan dévoilé à l’issue d’un séminaire gouvernemental réuni au lendemain de la présentation du rapport d’un patron pour les patrons, rapport qui recommandait une baisse de cotisations sociales de 30 milliards d’euros (pour en obtenir 20 ?).

1) Le gouvernement aide le patronat à baisser les salaires. Le montant du CICE sera calculé en proportion de la masse salariale brute des entreprises hors salaires supérieurs à 2,5 fois le smic et s’appliquera aux impôts sur les sociétés au titre de l’exercice 2013, donc en 2014, selon les documents de Matignon. Il équivaut, pour les netreprises, à une baisse de 6% des salaires (salaire net + cotisations sociales).

===> En fixant le plafond de l’intervention de l’Etat à 2,5 SMIC, le gouvernement est exactement dans la même démarche idéologique de la droite, qui avait conçu les exonérations de cotisations jusqu’à 1,6 SMIC. Les entreprises sont donc clairement incitées à maintenir les salaires à un niveau inférieur à ce plafond. La nouveauté "de gauche", est que contrairement à la droite, cette trappe à bas salaire concerne désormais la grande majorité des salariés et non plus la moitié la plus mal payée (jusqu’à 1,6 SMIC) !

2) Le gouvernement s’attaque aux consommateurs.

On le sait, la TVA est l’impôt le plus injuste, puisque ne prenant pas en compte les capacités contributives de celui qui le paie.

 La "gauche" dans l’opposition avait combattu la TVA sociale, rebaptisée antidélocalisation, par la droite. Le vote anti-Sarkozy s’était largement expliqué par cette promesse électorale de ne pas augmenter cet impôt-là ; la TVA…

 La "gauche" de gouvernement n’a rien trouvé de mieux que d’augmenter la TVA (de 19,6 à 20%, pour le taux normal, de 7 à 10% pour le taux d’intermédiaire…et pour prouver que la politique menée est bien "de gauche", une baisse dérisoire de 5,5 à 5% pour le taux réduit : la "gauche" pense bien à ses pauvres…

Via : Le Monde.fr

Manifestation contre la venue d'Angela Merkel à Athènes, le 8 octobre 2012.

Entre l’Allemagne et la Grèce, les relations ne sont pas au beau fixe. La preuve ? Le groupe pharmaceutique allemand Merck ne livre plus son médicament contre le cancer Erbitux aux hôpitaux publics grecs en raison de factures impayées, déclare son directeur financier dans une interview publiée samedi.

"Cela n’affecte que la Grèce, où nous avons été confrontés à de nombreux problèmes. Cela ne concerne que ce produit", explique Matthias Zachert dans cet entretien au Börsen-Zeitung. Les Grecs pourront toujours se procurer l’Erbitux dans les pharmacies, a précisé un porte-parole à Reuters.

L’anticancéreux Erbitux est le deuxième médicament sur ordonnance de Merck le plus vendu. Il a représenté un chiffre d’affaires de 855 millions d’euros en 2011.

En Espagne, le gouvernement aide les hôpitaux à payer les factures, ce qui évite aux hôpitaux public d’être privés d’approvisionnement, indique le directeur financier du laboratoire.

Via : Le Point.fr

L’Allemagne ne cache pas son scepticisme face à la politique économique de son partenaire. Gerhard Schröder tire la sonnette d’alarme.

Gerhard Schröder était l'invité de l'université du Medef à Jouy-en-Josas le 31 août 2012.

Gerhard Schröder était l’invité de l’université du Medef à Jouy-en-Josas le 31 août 2012. © Eric Piermont / AFP

Il n’y a pas qu’en France que les doutes s’accumulent sur la stratégie de François Hollande. Les Allemands commencent eux aussi à se demander s’il y a un pilote dans l’avion. Le très populaire quotidien Bild n’y va pas par quatre chemins. Le journal à plus gros tirage de la presse allemande se demandait mercredi : "La France sera-t-elle la nouvelle Grèce ?" L’article, consultable en ligne, assène que la France est "en chute libre" et que "le président nouvellement élu, François Hollande, ne réagit pas".

C’est notamment l’ancien chancelier Gerhard Schröder qui a inspiré le journaliste Nikolaus Blome, auteur de l’article. Le père de l’agenda 2010, un train de réformes d’inspiration libérale qui a fait passer l’Allemagne du statut d’"homme malade de l’Europe" à une machine à exporter, ne s’est pas privé de douter publiquement du chef de l’État français, en marge de la conférence européenne du Berggruen Institute, qui rassemblait à Berlin de nombreux responsables et ex-responsables politiques et économiques. "Les promesses de campagne du président français vont voler en éclats face à la situation économique", a lâché Gerhard Schröder, pourtant social-démocrate. Il a notamment critiqué le retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour certaines catégories de salariés, un "mauvais signal", "non finançable". Il s’est aussi inquiété de l’augmentation de la pression fiscale, qui aura pour effet, selon lui, de provoquer une fuite des capitaux.

Des statistiques dignes de l’Europe du Sud

Cet alarmisme allemand peut paraître en décalage avec la réalité. La crise de la zone euro semble s’être calmée depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a présenté un programme destiné à racheter de manière "illimitée" la dette de moyen terme (trois ans maximum) émise par les États qui en feraient la demande, en échange de conditions très strictes. Surtout, notre économie, la deuxième de la zone euro, se finance depuis quelques mois sur les marchés à des taux très bas, y compris à long terme (10 ans). Plutôt confiants, les investisseurs ne font pas payer au Trésor français une prime de risque beaucoup plus élevée que celle réclamée à Berlin pour financer son endettement. C’est sur ce début de sortie de crise que François Hollande compte justement pour tenir ses objectifs de réduction des déficits et commencer à inverser la courbe du chômage en 2013. "Nous en sommes à la troisième année de crise. La reprise va arriver, c’est une question de cycle", a-t-il récemment confié au Monde dans une interview exclusive.

Cette foi en la capacité de rebond de l’économie est-elle justifiée ? Coincée entre le premier élève de la classe, allemand, et les pays du Sud qui ont engagé des réformes structurelles et semblent gagner en compétitivité grâce à la dévaluation interne (compression des salaires et donc des coûts salariaux), la France ne ferait pourtant pas mieux qu’eux si l’on en croit Bild : "Les statistiques [françaises] rappellent celles des pays en crise d’Europe du Sud : plus de 25 % de chômage chez les jeunes, déficit budgétaire de 5 %, croissance nulle."

Moody’s en embuscade

Le retour de l’appétit pour le risque sur les marchés en zone euro pourrait faire remonter légèrement les taux réclamés à la France par les investisseurs, lorsque ceux-ci diversifieront de nouveau leur portefeuille au détriment des obligations d’État. L’augmentation des taux pourrait même être beaucoup plus forte s’ils considèrent que le gouvernement ne fait rien pour améliorer la compétitivité du pays ou si la croissance, aux abonnés absents, ne revenait pas. Tenir l’objectif de retour à 3 % de déficit l’année prochaine deviendrait alors très difficile, sauf à prendre de nouvelles mesures de rigueur qui pourraient se répercuter sur la croissance et provoquer un effet boule de neige. "Lorsque le refinancement de la dette va devenir difficile, les vrais problèmes vont commencer pour la France", a d’ailleurs averti Gerhard Schröder.

L’agence de notation Moody’s est en embuscade, elle qui a averti qu’elle reconsidérerait le triple A de la France à la fin du troisième trimestre. Son verdict pourrait tomber dans les prochaines semaines. Une mauvaise nouvelle pourrait fragiliser l’ensemble de la zone euro, alors que l’Hexagone constitue le deuxième apporteur de fonds au Mécanisme européen de stabilité (MES), censé être le rempart contre la crise… L’Allemagne ne pourrait pas porter seule l’édifice à bout de bras…

Pas de "choc"

Alors, bien sûr, François Hollande réclame du temps pour redresser la situation. "On ne peut pas faire en six mois ce que les autres n’ont pas fait en dix ans", a-t-il plaidé lundi devant la presse, après une rencontre avec les dirigeants des principales organisations internationales. Il n’empêche, l’heure de vérité approche.

Lundi, l’ancien patron d’EADS Louis Gallois remet son rapport sur la compétitivité au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le gouvernement devrait ensuite dévoiler un premier train de mesures censées s’attaquer au problème, symbolisé par le déficit commercial record accumulé en 2011 (plus de 70 milliards d’euros). Mais pas question pour autant de céder à la demande des grands patrons d’un véritable "choc" par une baisse de 30 milliards d’euros des charges patronales. Des allègements – non encore chiffrés – devraient bien être décidés pour alléger le coût du travail, mais ils seront étalés sur toute la durée du quinquennat. Et ils pourraient n’être dévoilés qu’en janvier, lorsque le Haut Conseil du financement de la protection sociale aura rendu son rapport.

Dans ces conditions, "la France peut-elle s’en sortir (avec les réformes engagées) ? s’interroge Bild. De nombreux experts de la conférence en doutent."

Chers PDG, nous avons bien reçu ..

Chers PDG, nous avons bien reçu votre liste de demandes dans le JDD : Austérité, baisse de vos impôts… Afin d’examiner rapidement celle-ci, nous vous prions de bien vouloir nous retourner rapidement …

 

Les éléments suivants pour les années 2010/2011. Pour votre entreprise, groupe et chacune de vos filiales.

  • nom de l’entité .
  • montant des aides directes par état ou collectivité locales.
  • montant des exonérations de cotisations sociales 2010/2011.
  • montant et % net des commandes publiques (état, collectivité locales)
  • montant des dividendes versés.
  • montant des rachats d’action.
  • % de salariés en CDD,  % de salariés en intérim.
  • Nombre de sous-traitants.
  • Nombre de prestataires de services dans vos directions.
  • Salaire moyen des 1% les mieux payés.
  • Salaire moyen.
  • % net d’impôt payé par rapport aux bénéfices de l’année soumises à impôt
  • Nombre et nom des filiales dans les paradis fiscaux y compris Intra-UE
  • Nombre et nom de vos filiales dans les pays UE a faible impositions pour les entreprises : Pays-Bas, Irlande
  • montant du crédit impôt recherche.
  • nombre de suppressions de postes.

 

Ceci nous sera utile pour répondre à votre demande, notez que cela ne vous assure pas une réponse positive.

Toi syndicaliste, ou en employé qui dispose de chiffres de cette liste pour les signataires de la demande de ton PDG: Tu peux aider ton PDG en nous fournissant les éléments en question.

Merci d’avance.

Juste un petit mot pour dire mon écoeurement de voir dans le JDD de dimanche, 98 grands patrons jouer les pleureuses et lancer un appel à payer moins pour gagner plus.

C’est assez comique je trouve, quand on sait que :

• en 2012 les sociétés du CAC40 ont versé 37 milliards de dividendes à leurs actionnaires (source)

• en 2010 les sociétés du CAC 40 ont dégagé des bénéfices d’un montant de près de 83 milliards d’euros (source)

• la réduction de charges sociales dite « Fillon » coûte de 21 à 23 milliards d’euros par an à l’État (source)

• l’impôt sur les sociétés payés par les société du CAC 40 représente 8% de leurs bénéfices, loin du taux normal de 33% et alors que les PME en payent à un taux de 22% (source)

• 17 groupes du CAC 40 ne payent pas d’impôt sur les bénéfices (source)

• parmi les signataires figure le PDG de Sanofi qui voulait licencier 2500 personnes de son entreprise, ce qui sans l’intervention de Montebourg se serait fait, mais il y a encore malheureusement 900 suppressions de postes (source)

• en 2010 les allégements de charge ont atteint 30 milliards d’euros et augmenté de 55% entre 2001 et 2010 (source)

Voilà c’était juste ce petit coup de gueule avec des preuves factuelles que les grands patrons n’ont pas à se plaindre puisque ce sont eux et leurs groupes qui bénéficient le plus des largesses de 10 années de droite au pouvoir.

Car au final, cet appel est une critique des 10 années d’UMP au pouvoir puisque le PS n’a pour l’instant rien modifié.

Jacque Sapir sur BFM Buisness : au moins c’est dit.

Grand débat sur l’actualité de la crise de la dette et le patrimoine des français dans ce contexte préoccupant.

Les invités :
Olivier Delamarche est associé et gérant de Platinium Gestion, il intervient sur l’activité économique tous les mardi sur BFM Business.

http://www.platinium-gestion.com

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM. Il est l’auteur de "L’or, un placement d’avenir" (Eyrolles), de "Repenser l’économie" (Eyrolles) et de "France, la faillite ? : Après la perte du AAA" (Eyrolles).

http://www.philippeherlin.com

Maître Nicolas LECOQ VALLON et Maître Hélène Feron-Poloni sont avocats au Barreau de Paris ; l’activité du Cabinet LECOQ VALLON & ASSOCIES est orientée principalement vers la défense et la protection du patrimoine des particuliers et des entreprises.
http://www.lecoqvallonassocies.fr

Ce débat est une véritable mine d’or pour ceux qui se demandent ce que la crise leur réserve : un constat désastreux, et des solutions présentées en attendant l’orage… Pour les autres, il leur reste le déni, déjà si bien entretenu par la pensée unique.

Via : la tribune de geneve

Des milliers d’Espagnols ont défilé samedi soir dans le centre de Madrid pour protester contre la politique d’austérité menée par le gouvernement de droite.

1/4 Depuis un mois, la mouvance des «indignés» a pris l’habitude de manifester aux abords de la Chambre des députés, sous le mot d’ordre «Cernons le Congrès», pour protester contre le budget 2013 en cours d’examen au Parlement.
Image: Keystone 

Les manifestants ont dénoncé le budget 2013, qui prévoit 39 milliards d’euros d’économies.

Répondant aux appels lancés sur les réseaux sociaux par la mouvance des «indignés», les manifestants étaient encadrés sur le parcours par des dizaines de fourgons de police, le défilé n’ayant pas été officiellement annoncé.

«Ils ne nous représentent pas», «plus d’éducation, moins de policiers», «rejoins-nous, ne nous regarde pas», «démission», criait la foule massée derrière une grande banderole blanche sur laquelle on pouvait lire: «Non aux coupes budgétaires».

«Je suis d’en bas, du peuple. Je suis venue manifester parce qu’ils nous prennent tout, la santé, l’éducation, les maisons», a raconté Sabine Alberdi, une manifestante de 50 ans. Elle a évoqué les coupes budgétaires qui étranglent une large partie de la population, les expulsions de propriétaires surendettés qui se multiplient dans le pays où un actif sur quatre est au chômage.

«Cernons le Congrès»

Depuis un mois, la mouvance des «indignés» a pris l’habitude de manifester aux abords de la Chambre des députés, sous le mot d’ordre «Cernons le Congrès», pour protester contre le budget 2013 en cours d’examen au Parlement. Prévoyant 39 milliards d’euros (47 milliards de francs) d’économies, dont la poursuite du gel des salaires des fonctionnaires, il doit être voté en décembre par les députés.

Au total, le gouvernement de droite de Mariano Rajoy prévoit d’économiser 150 milliards d’euros entre 2012 et 2014 pour redresser les comptes publics.

Cette politique, qui inclut des baisses de salaires et des indemnités de chômage, des hausses d’impôts, notamment de la TVA, des coupes dans la santé et dans l’éducation, impose de lourds sacrifices à de nombreux Espagnols. (ats/Newsnet)

Les policiers espagnols se sont rassemblés en masse samedi à Madrid, dans le hurlement des pétards et des sifflets, pour crier leur colère contre les coupes budgétaires et la suppression d’avantages sociaux.

des centaines de policiers se sont rassemblés samedi devant le ministère de l'Intérieur à Madrid pour manifester leur colère.

des centaines de policiers se sont rassemblés samedi devant le ministère de l’Intérieur à Madrid pour manifester leur colère.
Image: AFP

Casquette bleue sur le crâne, des centaines de policiers se sont rassemblés samedi devant le ministère de l’Intérieur à Madrid, dans le hurlement des pétards et des sifflets, pour crier leur colère contre les coupes budgétaires et la suppression d’avantages sociaux.

«Les policiers n’en peuvent plus», peut-on lire sur une grande banderole déployée sur le Paseo de la Castellana, la grande avenue du centre de la capitale espagnole, bloquée par cette manifestation qui répond à l’appel des syndicats de policiers.Comme tous les fonctionnaires espagnols, les policiers subissent de plein fouet la politique de rigueur mise en place par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, pour redresser les comptes du pays.

En 2012, ils sont ainsi privés de la prime de Noël, ce qui équivaut en réalité à une perte de salaire de 7% sur l’année, les salariés espagnols étant payés sur 14 mois.«Nous sommes venus exprimer notre indignation sur la façon dont nous traite le gouvernement, pas seulement parce qu’ils nous enlèvent la prime de Nöel, mais aussi parce qu’ils nous suppriment des droits», lance Fran Estacio, un policier de 33 ans venu de Valence, dans l’est de l’Espagne.Parmi ces avantages sociaux, explique-t-il, les six jours de congés supplémentaires auxquels les policiers ont droit chaque année, en plus de leurs vacances, qui seront réduits à trois à partir du 1er janvier.

Ou bien la réduction du salaire durant les premiers jours d’un congé maladie – de 50% durant les trois premiers jours puis de 25% jusqu’à 20 jours.«Jusqu’à présent», ajoute le policier, «nous ne perdions pas d’argent durant les 90 premiers jours». «Ils doivent reconnaître que nous sommes des fonctionnaires spéciaux. Imaginez un policier avec 39 degrés de fièvre, dans la rue avec son arme».

«Si tu veux une police, paie-la», réclame une pancarte émergeant de la foule, tandis qu’une autre porte les mots: «Utiliser les policiers pour faire taire les gens, non».Un slogan rappelant les dispositifs policiers parfois imposants déployés lors des manifestations anti-austérité, comme celle attendue samedi autour du Congrès des députés à Madrid.

(afp/Newsnet)

Grèce : Violents heurts lors de la journée de grève générale

Des dizaines de milliers de Grecs ont défilé jeudi à Athènes et Salonique contre l’austérité imposée par les bailleurs de fonds de la Grèce, les syndicats prenant date avec ceux du Portugal et d’Espagne pour de nouvelles grèves et manifestations le 14 novembre.

Le défilé, endeuillé par la mort d’un manifestant sexagenaire victime d’une crise cardiaque et émaillé de violences entre de petits groupes de jeunes cagoulés et les forces de l’ordre, comptait quelque 25.000 personnes selon la police, bien plus du double selon les médias. A Salonique dans le nord du pays, la police a recensé 17.000 manifestants.

A Athènes, sur la place Syntagma, en contrebas du Parlement, après un défilé globalement calme, des échauffourées ont opposé la police à de petits groupes de manifestants, avant que des cordons policiers ne chargent pour disperser la foule.

Le passage du cortège s’est toutefois poursuivi pendant plus d’une heure après cet accès de tension, tandis que des affrontements sporadiques se poursuivaient. Des cocktails molotov ont été lancés sur la police, qui a répondu avec des gaz lacrymogènes.

Les syndicats grecs avaient appelé à cette journée anti-austérité le jour du sommet européen de Bruxelles qui doit tenter de trouver des solutions pour consolider l’Europe et la zone euro notamment via une union bancaire.

Les syndicats de leur côté contestent le recours massif aux politiques d’austérité pour sortir de la crise. Le GSEE qui couvre le secteur privé en Grèce a annoncé qu’il allait se joindre à une journée d’action européenne le 14 novembre, également annoncée par les syndicats portugais.

En Espagne, les deux principaux syndicats du pays, CCOO et UGT, et quelque 150 organisations formant le « Sommet social » vont, « selon toutes probabilités », appeler à une grève le 14 novembre, coïncidant avec celle prévue au Portugal et en Grèce, a indiqué à l’AFP une porte-parole de CCOO à Madrid.

Illustration de l’européanisation du mouvement d’opposition à l’austérité, dans le défilé athénien, des sidérurgistes belges s’étaient joints au cortège en chantant « L’Internationale » derrière une banderole « Nous sommes tous des Grecs ».

« La pauvreté s’étend, les emplois disparaissent et la Grèce coule. La Grèce va mourir si les mesures d’austérité ne s’arrêtent pas » disait Dimitris Sandis, employé d’une société pharmaceutique.

Plus loin Aliki Vassiloudi, 40 ans, journaliste au chômage, estimait que les manifestants veulent avoir « des emplois, une dignité et par-dessus tout vivre comme des Grecs et non comme des inférieurs serviles ».

Le gouvernement espérait de son côté recevoir du sommet un signal de soutien européen pour faire accepter à son opinion le nouveau train de rigueur, dont le vote au Parlement, à une date toujours indéterminée, risque de porter à son comble la tension sociale.

La troïka des bailleurs de fonds du pays (UE-BCE-FMI) et la partie grecque se sont séparés mercredi sans accord total, du fait de divergences persistantes sur la dérégulation du marché du travail, mais en ayant bouclé l’essentiel du programme d’ajustement budgétaire, d’un montant de 13,5 milliards d’euros.

Mais le sommet européen jeudi et vendredi ne devrait pas encore déboucher sur le déblocage, attendu impatiemment par la Grèce à sec de réserves, d’une tranche de 31,5 milliards d’euros des prêts UE-FMI.

La Grèce, qui traverse sa cinquième année de récession consécutive, a demandé deux ans supplémentaires à ses partenaires pour mener à bien les réformes et réduire ses déficits, tandis qu’un débat idéologique pro ou anti austérité fait rage entre les économistes du monde entier sur la nature des remèdes à apporter au malade Grèce et au malade zone euro.

« L’Espagne et la Grèce sont en dépression, pas en récession. Et ceci est dû à l’austérité », a affirmé mercredi à New Delhi, l’économiste américain Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie.

Via : Bastamag.net Par Cédric Durand (28 septembre 2012)

Le traité budgétaire européen, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG) auquel s’opposent le Front de gauche, Europe écologie – Les verts et plusieurs élus socialistes, sera débattu à l’Assemblée nationale début octobre. L’économiste Cédric Durand, opposé au traité, répond ici aux arguments de la secrétaire du PS à l’économie et nouvelle député, Karine Berger, qui défend sa ratification.

Beaucoup a été écrit sur l’absurdité économique et le caractère anti-démocratique du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG). Il ne s’agit donc pas de reprendre ici ces arguments sans appels, mais plutôt de se risquer à une petite opération de contre-feu suite à la tribune en faveur de la ratification du TSCG écrite par Karine Berger dans Le Monde du 20 septembre.

Nouvelle député, secrétaire du PS à l’économie, cette polytechnicienne sur le retour d’un pantouflage dans la société d’assurance Euler Hermès est aujourd’hui pressentie pour être porte-parole dans l’équipe d’Harlem Désir. Clair et bien écrit, son texte est une épure, ce que l’on peut espérer de mieux de la raison sociale-libérale. L’argumentation n’est pas sophistiquée mais élégante. Sobre, elle assène avec aplomb mensonges, fausses évidences et mauvaise foi tout en laissant échapper de jolis aveux. Démonstration.

Karine Berger attaque fort en affirmant que « l’euro n’a pas été inventé pour des raisons économiques. Il a été mis en place pour que des peuples perdent l’habitude de s’entre-tuer ». Qui pourrait croire pareille baliverne ? Du rapport de la European round table qui a conduit à la signature de l’acte unique de 1986 à la construction de l’Union économique et monétaire (UEM) téléguidée par les banques centrales, le pari bien naïf de Jacques Delors était de confier aux intérêts des multinationales et des banques le soin de construire l’Europe. Celles-ci se sont acquittées de la tâche en fonction de leurs intérêts bien compris : les avantages de la concurrence libre et non faussée sur le premier marché du monde et la construction d’une monnaie mondiale permettant des gains financiers conséquents et récurrents sur leurs opérations internationales. L’UEM est avant tout une affaire de gros sous.

Solidaire du capital financier

Et puis, s’il faut parler de construction de la paix, jugeons sur pièce ! Jamais depuis la seconde guerre mondiale, la discorde n’a été aussi vive entre les peuples européens. Les extrêmes droites surfent sur les égoïsmes nationaux, profitant de l’aubaine d’une « solidarité » qui ne s’exerce que vis-à-vis du capital financier : aucun des plans de sauvetages décidés depuis 2010 n’a eu d’autres objectifs que d’éviter ou de contenir des cessations de paiements risquant de provoquer la banqueroute d’institutions financières chancelantes ; l’argent versé ne le fut qu’à fin de permettre aux pays concernés (Grèce, Portugal, Irlande et Chypre pour l’instant..) de continuer de rembourser leurs dettes.

L’Europe est mal en point. C’est un fait. Mais l’élection de François Hollande aurait changé la donne nous dit Mme Berger : « C’est une inversion du mouvement qui a été permis par les élections françaises. D’ailleurs, ceux qui doutent sont bien les seuls à sembler croire qu’il ne se serait rien passé en Europe à la suite des élections françaises. Pour l’anecdote, dans mes tournées des investisseurs sur la dette de la France pendant la campagne, j’ai vu leurs positions se retourner. Alors qu’en janvier ils me harcelaient pour que nous nous soumettions à l’austérité, en mai ils applaudissaient à l’idée d’un pacte pour la croissance de M. Hollande qui était devenu consensuel. Il y a bien eu le commencement d’une réorientation profonde du chemin que prenait l’Union européenne grâce à l’élection de François Hollande et au sommet européen des 28 et 29 juin. »

De l’austérité hard à l’austérité soft

En fait, que le traité soit ou non adopté, l’austérité hard a du plomb dans l’aile en Europe. Et François Hollande n’y est pas pour grand chose. Même le plus obtus des bureaucrate bruxellois – et a fortiori les investisseurs rencontrés par Mme Berger dont l’argent est en jeu ! – ne peut que constater la validité du b.a.-ba de la macroéconomie : dans une « récession de bilan », lorsque les ménages et les entreprises sont contraints de se désendetter pour encaisser le choc de la crise financière, si les États font de même, l’économie ne peut redémarrer. La nouvelle récession dans laquelle plonge l’Europe après celle de 2008-2009 confirme le scénario « double dip » (littéralement double plongeon) anticipé de longue date par les économistes qui gardaient un brin de lucidité.

Après un léger éloignement des échéances pour l’Espagne et le Portugal – personne ne croyant plus au calendrier du dernier accord sur la Grèce – c’est maintenant l’objectif de réduire le déficit public de la France à 3 % en 2013 qui est « intenable ». Puisque les faits sont têtus, une inflexion est en préparation au niveau de la commission. Un récent papier de l’influent think-tank bruxellois Bruegel prépare ainsi le terrain à un assouplissement généralisé des contraintes budgétaires pour l’année qui vient.

Coup d’État bureaucratique

Le coup d’État bureaucratique rampant depuis 2010, lui, se poursuit plus que jamais. Et le traité marque à cet égard un pas en avant significatif en soumettant à des instances technocratiques non élues la surveillance des politiques économiques des pays. Une de ses dispositions les plus importantes – mais les moins commentées – est sans doute l’article 11 qui stipule qu’ « en vue d’évaluer quelles sont les meilleures pratiques et d’œuvrer à une politique économique fondée sur une coordination plus étroite, les parties contractantes veillent à ce que toutes les grandes réformes de politique économique qu’elles envisagent d’entreprendre soient débattues au préalable et, au besoin, coordonnées entre elles. Cette coordination fait intervenir les institutions de l’Union européenne dès lors que le droit de l’Union européenne le requiert ». Bref et relativement vague, cet article implique que la politique économique des États, sans restriction de domaine, est désormais du ressort des institutions européennes, loin des pressions populaires que peuvent laisser filtrer les processus électoraux.

Les dernières déclarations de Mario Draghi vont dans le même sens. L’engagement de la Banque centrale européenne (BCE) de racheter la dette des pays asphyxiés par les marchés financiers va leur redonner un peu d’oxygène à court terme, à conditions que leurs gouvernements se soumettent à la troïka (Banque mondiale, FMI, Commission européenne) pour accélérer la transformation néolibérale de leurs économies (libéralisation du marché du travail, privatisations..).

Le pacte de croissance ? 0,1 % du PIB de l’Europe…

Pour la cause, Karine Berger sait mettre à distance sa formation d’économiste. Elle affirme que « grâce à l’ajout d’obligations européennes de financement de projet et de l’utilisation des fonds structurels européens pour les pays en difficulté du sud de la zone euro, l’union monétaire va au contraire réaliser pour la première fois depuis 1954 une véritable politique keynésienne commune ». Ces mesures, qui correspondent au pacte de croissance arraché par François Hollande fin juin, ne représente au total que 10 milliards d’argent frais, soit moins de 0,1 % du PIB de l’UE. Un simple grain de poussière dans le torrent de la récession…

Et de conclure, par une justification à tous les renoncements. « A M. Mélenchon, je dis non, la France n’est pas seule à la table des négociations, non, l’Europe n’a pas non plus à s’aligner sur les seules volontés françaises, non, l’avis des citoyens allemands ne pèse pas moins que celui des citoyens qui ne vous ont pas élu à la présidentielle et aux législatives. » Le piège tendu à la gauche consiste à brandir la menace de la désunion entre les peuples pour mieux défendre la finance. Il y a là un petit jeu de miroir avec l’extrême droite, qui ne peut que profiter aux nationalistes. Pour en sortir, une gauche digne de ce nom doit assumer haut et fort que solidarité, internationalisme et démocratie ne peuvent s’épanouir sous le joug de la finance. Vouloir désobéir aux institutions de l’Union économique et monétaire n’implique pas une union sacrée contre les autres peuples.

Cédric Durand est économiste à l’Université Paris 13 et participe à la revue Contretemps.