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Grand débat sur l’actualité de la crise de la dette et le patrimoine des français dans ce contexte préoccupant.

Les invités :
Olivier Delamarche est associé et gérant de Platinium Gestion, il intervient sur l’activité économique tous les mardi sur BFM Business.
http://www.platinium-gestion.com

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM. Il est l’auteur de "L’or, un placement d’avenir" (Eyrolles), de "Repenser l’économie" (Eyrolles) et de "France, la faillite ? : Après la perte du AAA" (Eyrolles).
http://www.philippeherlin.com

Maître Nicolas LECOQ VALLON et Maître Hélène Feron-Poloni sont avocats au Barreau de Paris ; l’activité du Cabinet LECOQ VALLON & ASSOCIES est orientée principalement vers la défense et la protection du patrimoine des particuliers et des entreprises. http://www.lecoqvallonassocies.fr

Ce débat est une véritable mine d’or pour ceux qui se demandent ce que la crise leur réserve : un constat désastreux, et des solutions présentées en attendant l’orage… Pour les autres, il leur reste le déni, déjà si bien entretenu par la pensée unique.

Via : l’express.fr, publié le 23/07/2012

PARIS – Les Bourses européennes ont à nouveau décroché lundi, entraînant l’euro dans leur chute, sur fond d’envolée des taux d’emprunt espagnols, après de nouvelles inquiétudes pour l’économie espagnole et autour du soutien européen à la Grèce.

L'Espagne et la Grèce affolent à nouveau les marchés

Un tableau montrant le cours de l’Ibex, à Madrid, le 20 juillet 2012

La chute a été si forte que deux d’entre elles, particulièrement touchées, ont interdit les ventes à découvert de certains titres. La Bourse de Milan a limité cette mesure aux valeurs financières (banques, assurances) mais celle de Madrid l’a étendue à toutes les actions.

Les ventes à découvert sont un mécanisme spéculatif qui consiste à emprunter un actif dont on pense que le prix va baisser et à le vendre, avec l’espoir d’empocher une forte différence au moment où il faudra le racheter pour le rendre au prêteur.

Cette mesure a permis de calmer un peu la situation à Madrid où la Bourse avait chuté de plus de 5% en cours de séance. La Bourse madrilène a finalement terminé en recul de 1,1%.

Idem à Milan où, après une chute de 5%, la Bourse a cédé finalement 2,76% à la clôture. Paris chutait de 2,89%, Francfort de 3,18% et Londres de 2,09%. Athènes dégringolait de son côté de 7,01%. Wall Street n’a pas échappé à la morosité: le Dow Jones a abandonné 0,79% et le Nasdaq 1,20%.

"C’est vraiment une situation quasi critique. Les marchés ne savent pas à quoi se raccrocher", estime Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.

Dans ce contexte, l’euro accélérait sa chute lundi, glissant à des niveaux plus vus depuis deux ans face au dollar et depuis 11 ans face au yen, ébranlé par les inquiétudes sur l’Espagne, mais également sur la Grèce.

Vers 21H30 GMT (23H30 à Paris), l’euro valait 1,2119 dollar contre 1,2152 dollar vendredi vers 22H00 GMT, après être descendu jusqu’à 1,2067 dollar vers 12H45 GMT lundi, son plus faible niveau depuis le 10 juin 2010.

"Une peur contagieuse a fait trembler les marchés actions en Europe aujourd’hui, avec une conjonction de craintes sur une sortie imminente de la Grèce (de la zone euro) et la solvabilité des régions espagnoles et italiennes", a résumé Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

La situation de l’Espagne est au coeur des préoccupations des investisseurs qui craignent que la quatrième économie de la zone euro soit dans l’obligation de demander une aide financière globale et non plus seulement pour ses banques.

Les taux d’emprunt à 10 ans de Madrid ont atteint dans la matinée 7,5% (contre 7,226% vendredi en clôture), signant un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro en 1999, avant de redescendre légèrement.

Ces taux sont jugés insoutenables sur la durée pour l’Espagne.

Les opérateurs se demandent si le pays ne sera pas contraint de demander une aide globale et pas seulement pour ses banques, même si le ministre espagnol de l’Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi un plan de sauvetage pour le pays.

De surcroît, la Banque d’Espagne a annoncé lundi une aggravation du recul du Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre (-0,4%), après -0,3% au premier trimestre, éloignant la perspective d’une sortie du pays de la récession.

Les marchés s’interrogent aussi sur le soutien des Européens à la Grèce, à la suite notamment d’informations publiées dimanche dans la presse allemande. Le porte-parole du gouvernement ne s’est guère montré rassurant lundi, évoquant le scepticisme de Berlin quant aux chances de voir la Grèce sortir enfin de l’ornière où elle ne cesse de s’enfoncer depuis près de trois ans. Le ministre allemand de l’Economie Philipp Roesler avait déclaré la veille que le scénario d’une sortie d’Athènes de la zone euro avait "perdu de son horreur".

Le gouvernement grec rencontre cette semaine une délégation des trois institutions créancières du pays, Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international (FMI) pour discuter des réformes nécessaires au maintien de leur aide.

Selon les analystes, le seul espoir à court terme pour ramener le calme sur les marchés réside dans une intervention de la Banque centrale européenne (BCE). Cela "reste une possibilité dans les semaines à venir si la situation se détériore encore", estiment les stratégistes chez BNP Paribas.

Malgré ce vent de panique, le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a indiqué qu’il ne voyait aucune raison d’organiser d’urgence un nouveau sommet sur la crise de la zone euro.

C’est dans ce contexte que l’agence de notation financière Moody’s a abaissé de "stable" à "négative" la perspective pour la dette publique de l’Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg en raison de "l’incertitude croissante" sur l’issue de la crise de la dette, soulignant notamment "la probabilité de plus en plus forte d’une sortie de la Grèce de l’euro". 

Par

Via : l’humanité.fr

Moins 3% à Paris et Madrid, -3,5% Berlin, -5% à Milan… Les Bourses européennes chutaient fortement en milieu d’après-midi, ce lundi, tirées vers le bas par l’envol des taux d’emprunt espagnols et les interrogations sur un futur plan de sauvetage global du pays, après celui de l’Irlande, du Portugal et de la Grèce.

Premiers à faire les frais des peurs des spéculateurs: les cours des banque européennes, déjà bien engluées pour certaines d’entre elles dans le scandale du Libor. En France, le Crédit agricole, la Société Générale, la BNP Paribas et Natixis chutaient, de même que plongeait l’assureur Axa. En Allemagne, la Deutsche Bank, Allianz et Commerzbank étaient elles aussi attaquées.

Plan d’aide insuffisant

Comme à chaque fois, le dernier plan pour sauver la zone euro, en l’occurrence le plan d’aide de 100 milliards de l’Eurogroupe en direction des banques espagnoles, n’a pas suffi à calmer les marchés qui en redemandent toujours plus. En cause cette fois, les taux d’intérêt exorbitants "offerts" par ces mêmes marchés à Madrid pour que l’Etat espagnol finance sa dette. Ceux-ci ont dépassé les 7%, un seuil d’alarme pour ces marchés financiers qui voient bien que la quatrième économie de la zone euro ne pourra pas longtemps se le permettre très longtemps. Par conséquent ressurgit le plan de sauvetage global du pays à court terme, par les autres pays de la zone euro et le FMI.

L’économie espagnole dérape

Le ministre espagnol de l’Economie Luis de Guindos a de nouveau écarté ce midi un tel scénario. "L’Espagne a la capacité de croissance et n’a pas les problèmes d’autres pays secourus et pour cela ne va pas être secouru. L’Espagne est un pays solvable. Et cette solvabilité va nous permettre de passer les difficultés dont nous souffrons en ce moment", a-t-il affirmé. Il fait là preuve d’optimisme, alors que les mauvaises nouvelles économiques se sont accumulées en fin de semaine dernière. Les prévisions de croissance ont été revues à la baisse pour 2013 vendredi, de +0,2% à -0,5%, dans un contexte de chômage élevé, à plus de 24%.

Ce lundi, des estimations de la Banque d’Espagne ont enfoncé un peu plus le couteau dans la plaie financière espagnole. L’activité économique de l’Espagne, entrée en récession au premier trimestre, a diminué à un rythme "plus intense" entre avril et juin qu’au cours des deux trimestres précédents.

Au bout de l’austérité

Le plan d’aide de 100 milliards d’euros aux banques espagnoles accordé vendredi dernier par les ministres des Finances de l’Eurogroupe paraît dès lors insuffisant. Et ce d’autant plus que les 17 régions d’Espagne ont quasiment perdu tout accès aux marchés de la dette en raison de coûts de refinancement devenus prohibitifs, forçant les plus touchées à solliciter des prêts de l’Etat central pour honorer leurs échéances.

Imposer un nouveau tour de vis budgétaire, comme demandé par le président de la banque centrale espagnole aujourd’hui, à un peuple qui rejette déjà massivement dans la rue le dernier plan d’économies de 65 milliards d’euros, paraît illusoire. Ajoutez à cela les interrogations des marchés sur la capacité de la Grèce à respecter ses engagements en termes d’austérité,et vous obtenez des bourses qui dévissent devant un système financier totalement aberrant qui n’en finit pas d’agoniser.

Via : jovanovic.com

La crise de fou rire de Pierre Jovanovic avec le Crédit agricole, Investir, le Journal des Finances, sur la radio ici et maintenant avec Laurent Fendt…

Mis en ligne par :

Voici le reportage de France 2 diffusé le 8 Juin 2012 à propos du High Frequency Trading.
Même si le reportage est, selon moi, incomplet et imprécis, il donne tout de même un aperçu de ce qu’est le monde de la finance aujourd’hui.

Vu sur : Lesmoutonsenragés.fr

Interview exclusive d’Olivier Delamarche pour MEDIA-INVESTIGATION.com, le mercredi 30 mai 2012 à Paris dans les bureaux de PLATINIUM Gestion.

Déroulement de cet entretien :

- Brève présentation d’Olivier Delamarche

- L’exercice "Rencontre avec HIBERNATUS" est proposé à Olivier Delamarche :

Un jeune homme a été enseveli dans les glaces polaires. Il est retrouvé 70 ans plus tard, intact. Il revient à la vie et découvre le monde. Son premier contact c’est Olivier Delamarche…

- Les media et la crise, les interventions sur BFM Business dans "les points sur les i"

Pourquoi ce type d’interventions n’est il pas généralisé dans les grands media qui minimisent selon lui la gravité de la situation?
Est-on dans le déni? Dans l’incompétence?

Faut-il faire ses propres recherches, fouiner vers des media alternatifs pour s’informer en profondeur?

Les prévisions d’Olivier Delamarche se réalisent semaines après semaines
Sa vision de l’avenir à court moyen et long terme…
CAC 40 à 2000 avant fin de l’année 2012
Beaucoup de pays feront un default de paiement généralisé, idem pour le JAPON

"Les mauvaises nouvelles s’accumulent"
"les chiffres ne correspondent en rien à la réalité"
"on nous prend pour des imbéciles, la situation est pire que ce que l’on pense"
La place des banques, des media, des politiques…

- Tout le secteur bancaire espagnole est en faillite : pas seulement BANKIA!
Le stock immobilier en Espagne est astronomique; le coût correspond à 3 millions de logements vides (estimation par logement :150 000 euros)

- Selon Olivier Delamarche, avec des montages successifs, on retarde, on déplace les problémes sans les régler… Finalement on ne gagne pas du temps mais on l’achète très cher.
Pourquoi vouloir à tout prix prolonger les choses?

- Quelles sont les solutions envisagées? Sont-elles crédibles?
Solution des Eurobond ? Ou pas de solution : donc récession?

- La zone euro est-elle pour autant à l’agonie?
"Il y aura un défaut de paiement généralisé dans beaucoup de pays"

- Nicolas DOZE affirmait "Il y a comme une sainte trinité : DEFAUT – DEVALUATION – INFLATION" et concluait son émission "on est un peu crispé en ce moment quand même"
Commentaires…
-
La cavalerie bancaire
Le bank run (ruée bancaire, panique bancaire ou course aux guichets)
Le bank run en Grèce? en Espagne (créances pourries)
Il y a-t-il un risque de BANK RUN en France?
Faut-il craindre l’été 2012 à l’image de l’été 2011?
A-t-on tiré les leçons des dernières crises? Retiendra-t-on les leçons de celle -ci?
A quoi servent les contrôles?

- Questions d’internautes

- La cigale et la fourmi 1668

- Le mot de la fin

Via : Le Monde.fr

Les Bourses ont fermé en baisse, sans céder à la panique, à la fin d'une journée européenne marquée par un nouvel échec des négociations politiques en Grèce.

Les Bourses européennes ont clôturé en baisse, mardi 15 mai, sans pour autant céder à la panique, après l’échec d’une énième tentative pour former un gouvernement de coalition et l’annonce de nouvelles élections en Grèce. Paris a perdu 0,61 %, Londres 0,51 %, Francfort 0,79 % et Madrid 1,60 %.

L’incertitude en Europe est entretenue par cette impasse politique en Grèce, résume-t-on dans les salles de marché où l’on tente, en attendant les prochaines élections législatives, de se concentrer sur d’autres sujets. En Italie, l’agence de notation Moody’s a jeté un froid en dégradant la note des grandes banques du pays, faisant chuter sa Bourse de 2,56 %.

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CRAINTES POUR LA CROISSANCE

Les statistiques publiées outre-Atlantique ont par ailleurs été mitigées et ont peu joué sur la tendance. Et la zone euro a échappé de peu à la récession au premier trimestre, sans pour autant dissiper les craintes pour la croissance. La Grèce a confirmé la gravité de la crise dans laquelle elle s’enfonce, avec un produit intérieur brut qui a chuté de 6,2 % au premier trimestre. Le pays a dû aussi payer plus cher pour lever 1,3 milliard d’euros en bons du Trésor à trois mois, consentant un taux de 4,34 %, au lieu de 4,20 % le 17 avril.

Sur le front des valeurs, Crédit Agricole, la banque française la plus engagée en Grèce où elle dispose d’une filiale Emporiki, payait le prix des spéculations sur une sortie de ce pays de la zone euro. Le titre a atteint un plus bas historique à 3,04 euros et a reculé de 7,03 %. Société Générale a perdu 4,24 % à 15,79 euros et BNP Paribas a cédé 2,82 % à 26,84 euros.

Côté devises, l’euro tombait sous le seuil de 1,28 dollar pour la première fois depuis quatre mois, contre 1,2830 dollar la veille au soir.

DES ESPRITS "DOUCHÉS"

Les marchés se montraient donc prudents, redoutant des divergences au sein du couple franco-allemand, moteur de l’Union européenne. M. Hollande a appelé à des mesures en faveur de la croissance tandis que Mme Merkel insiste sur la stricte maîtrise des déficits publics.

Signe de la réflexion en cours à ce sujet (article Abonnés), la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a évoqué la possibilité d’une "sortie ordonnée" de la Grèce de la zone euro, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision France 24. De son côté, le ministre sortant de l’économie François Baroin chiffrait le coût de cette probabilité à 50 milliards d’euros pour la France.

 

Via : Le Monde.fr

La drachme est la plus ancienne monnaie d'Europe.

C’est peut-être négociable mais ce ne sera en aucun cas bon marché. Le ministre sortant de l’économie François Baroin a évalué le coût d’une sortie de la Grèce de la zone euro et abouti à un chiffre cabotant autour de 50 milliards "net" pour l’Etat français. En l’absence d’un "gouvernement stable" à Athènes, la "question deviendra certainement plus sensible", a-t-il prévenu, faisant de cet enjeu l’un des dossiers brûlants qu’il laissera à son successeur socialiste.

Dévastatrices pour les deux partis historiques grecs, les législatives du 6 mai ont laissé le pays sans gouvernement, ravivant les craintes des dirigeants européens et des marchés financiers de voir Athènes, déjà au bord du gouffre, ne pas respecter ses engagements budgétaires. Le président grec Carolos Papoulias a échoué mardi à composer un gouvernement de technocrates ce qui ouvre la voie à de nouvelles législatives. La nouvelle a entraîné une rechute immédiate des Bourses européennes.

Au coût pour les finances publiques françaises d’une sortie de la Grèce, a relevé François Baroin, s’ajouterait la dépréciation des "titres que détiennent les banques ou les assurances dans leurs portefeuilles". Ce risque selon lui serait "tout à fait absorbable" par les intéressés mais il en irait tout autrement selon lui de la menace d’une "contagion exceptionnelle" de la crise grecque, dont la faillite sèmerait "le doute et la défiance dans l’esprit des investisseurs".

LA FRANCE DÉJÀ EXPOSÉE

De son côté, Eric Dor, directeur de recherche à l’école de management de l’Université catholique de Lille, a fait d’autres comptes. Le coût direct d’un défaut total de la Grèce atteindrait, selon lui, 66 milliards d’euros pour l’Etat français. Plus vraisemblable, un défaut partiel se chiffrerait tout de même en dizaines de milliards d’euros.

Sur le site internet du journal Challenges, M. Dor souligne que, même sans que la Grèce quitte la zone euro, la France est déjà exposée : "Actuellement, la Banque de Grèce détient 79 milliards d’euros de créances sur les banques grecques, dans le cadre des opérations de refinancement de l’Eurosystème (…) En raison de sa part dans le capital de la BCE, la Banque de France est donc déjà exposée à un risque de 16 milliards d’euros".

Par ailleurs, "depuis décembre, la restructuration de la dette grecque a diminué la valeur nette actualisée des obligations souveraines grecques détenues par des banques françaises à 1,8 milliards d’euros. Les banques françaises seraient donc exposées à la Grèce pour 39,651 milliards d’euros. En supposant une dévaluation de 50 % de la nouvelle monnaie nationale, la perte pour les banques françaises serait de 19,8255 milliards d’euros".

Eric Dor cite le cas particulier de Crédit Agricole, particulièrement exposé via sa filiale grecque Emporiki : "A supposer que la Grèce quitte l’Union monétaire pour retourner à une nouvelle drachme, et que celle-ci dévalue de 50 % par rapport à l’euro, les pertes nettes pour le Crédit Agricole seraient de 2,6 milliards d’euros".

UN IMPACT INDIRECT DOULOUREUX

L’économiste Marc Touati redoute lui aussi un "cercle vicieux qui pourrait tourner au cauchemar". "L’impact indirect d’un défaut grec serait beaucoup plus douloureux que les conséquences directes immédiates", souligne-t-il. "Un défaut grec augmenterait la défiance des investisseurs à l’égard de la France qui verrait ses finances publiques plombées par ces dizaines de milliards de dettes supplémentaires", redoute l’économiste d’Assya Compagnie financière.

En conséquence, "les agences de notation dégraderaient fortement la note française, sans doute de deux à trois crans, les taux d’intérêt de la dette grimperaient au-delà de 4 % avec de lourdes conséquences aussi sur le taux de chômage et, de nouveau, sur les déficits et la dette".

Via : LCI.TF1.fr le 24 janvier 2012 à 11h39

L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé d’un cran les notes de trois groupes bancaires français, et celle de la Caisse des Dépôts a perdu son triple A. Les valeurs bancaires chutaient en Bourse.

Siège de l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) à New York
Siège de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) à New York © ABACAPress

La Société Générale, le Crédit Agricole et BPCE sont désormais notées "A", contre "A+" auparavant. L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé d’un cran leurs notes mardi matin, avant l’ouverture de la Bourse. Elle a en revanche épargné BNP Paribas, après avoir songé à l’abaisser. La première banque hexagonale et deuxième de la zone euro voit finalement sa note de long terme confirmée à "AA-".

Cette note est la quatrième meilleure possible dans l’échelle de classification de S&P, ce qui fait de BNP Paribas l’une des banques européennes les mieux notées (et l’une des rares à conserver un "double A"). La filiale de BPCE Natixis voit sa note de long terme abaissée d’un cran à "A". S&P précise que les notes à long terme de BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Crédit Agricole SA seraient inférieures d’un cran si elles n’étaient pas assurées d’un soutien indéfectible de l’Etat en cas de difficultés.

La Caisse des dépôts, bras armé financier de l’Etat, a, elle, perdu son triple A. Cette série de décisions est la conséquence directe de la dégradation de la note souveraine de la France, a expliqué S&P. La France a perdu le 13 janvier sa note "AAA", la meilleure possible sur l’échelle des agences d’évaluation financière.

Recul en Bourse

Après ces annonces, les valeurs bancaires étaient en recul, mardi matin à la Bourse de Paris. Peu avant 11h, le titre Société Générale perdait 4,5%, BNP Paribas reculait de 1,78%, Crédit Agricole de 3,76%. Hors CAC 40, qui reculait de 0,69%, Natixis était en baisse de 5,38%.

Et en cloture :

 Intraday SOCIETE GENERALE 23h04 – 24/01/2012
   -5.39% 21.57 EUR
 Intraday CREDIT AGRICOLE 23h04 – 24/01/2012
   -4.07%   4.98 EUR
Intraday BNP PARIBAS 23h04 – 24/01/2012
   -2.02% 35.34 EUR

"Les annonces de l’agence étaient largement intégrées par le marché et le secteur bancaire qui avait fortement progressé ces dernières séances est surtout victime de prises de bénéfices", estime Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets. "Standard & Poor’s s’est contenté d’appliquer mécaniquement ses critères d’évaluation", souligne de son côté Pierre Flabbée, spécialiste du secteur chez Kepler.

12 janvier 2012 |

Je vous disais hier que nous nous attendions à un rebond des marchés. Cela ne sera pas pour tout de suite. En attendant, la situation ne s’améliore vraiment pas en Europe.

Les marchés se sont transformés en lapins apeurés. Ils ont accumulé un maximum de carottes et se sont terrés au fond de leur terrier. En fait, cela devient n’importe quoi. Et vous savez la meilleure ? C’est tant mieux… pour nos investissements !

Commençons par les ennuis de l’Europe. Personnellement, la crise de l’euro, c’est un peu comme le champagne ou le chocolat après les fêtes de fin d’année : je n’en peux tout simplement plus. J’imagine que nombre d’entre vous partage cette opinion : nous voudrions revenir sur les marchés et voir enfin le bout du tunnel.

En attendant, les quelques opérateurs qui traînent encore sur les Bourses occidentales sont manifestement inquiets. J’en veux pour preuve la hausse de l’or ces derniers jours et les obligations allemandes qui se vendent à des rendements négatifs.

Quand une banque ne fait plus confiance à une autre banque…
Qu’est-ce que des rendements négatifs ? Eh bien, c’est la preuve que plus personne n’a confiance dans les banques européennes.

Voyons cela de plus près. Nous vous avions déjà parlé dans la Quotidienne. Depuis plusieurs mois, les sommes déposées auprès de la BCE battent record sur record. Ce qui signifie que les banques européennes préfèrent – et de loin – confier leur argent à la BCE (avec un rendement minable) plutôt que de faire comme elles sont censées le faire : se le prêter entre elles.

Les prêts interbancaires sont la base de notre système financier. Les banques ont besoin de ces fonds pour leurs opérations courantes. Normalement (c’est-à-dire pas ces derniers mois), ces besoins sont couverts par des prêts interbancaires à très court terme, aussi appelés “overnight” puisqu’ils doivent être remboursés le lendemain de leur émission.

En ce moment, ces prêts rapportent environ 0,396%. Ils permettent donc non seulement à la banque débiteur d’assurer son fonctionnement courant et à la banque créditeur de gagner de l’argent.

Or depuis quelques mois, les banques préfèrent confier leur argent… à la BCE. Les dépôts overnight auprès de l’institution de Francfort frôlent quotidiennement les 500 milliards d’euros. Comme vous pouvez le constater sur le graphe établi par l’Agefi, sur un an, les sommes déposées auprès de la BCE ont plus que doublées.

Graphe de l'évolution de la liquidité centrale

Or ces dépôts auprès de la BCE rapportent peu : 0,25% — à comparer donc aux 0,396% des prêts interbancaires.

Si les banques préfèrent gagner moins d’argent – ce qui n’est pas vraiment inscrit dans leurs gènes – c’est qu’elles savent qu’il y a une forte probabilité de ne pas revoir l’argent prêté. Entre crédits pourris et dettes souveraines douteuses, les comptes des banques sont largement plombés.

Quand plus personne ne fait confiance aux banques
Mais le dépôt auprès de la BCE n’est possible que pour les banques. Si vous êtes un gérant de fonds, ou un particulier, vous ne pouvez pas faire appel à l’institution de Francfort. Comme les banques, vous n’avez pas confiance dans le système bancaire. Il vous faut trouver un autre moyen d’être sûr de récupérer votre argent.

Et c’est là qu’intervient le marché obligataire et plus précisément les obligations allemandes. Nous vous le disions, la dernière émission obligataire allemande, 4 millions d’euros d’obligations à 6 mois, s’est échangée au rendement négatif de -0,0122%.

Imaginons que l’Allemagne émette 100 euros d’obligations court terme. Le gérant de fonds inquiet que vous êtes propose 101 euros pour acquérir ces 100 euros d’obligations. Mais évidemment, l’Allemagne ne vous remboursera que 100 euros. Vous avez donc perdu 1 euro dans l’opération.

Pourquoi acceptez-vous une telle perte ? Eh bien, justement, parce que vous n’avez perdu qu’1 euro… et non 5, 10 ou 20.

Les rendements négatifs signifient que les investisseurs ont confiance dans la capacité de remboursement de l’Allemagne. Ils sont persuadés qu’ils retrouveront bien leur 99 euros (les 100 euros empruntés – le 1 euro de rendement négatif) – et c’est déjà pas mal dans ces temps d’incertitude. Et c’est beaucoup plus sûr que de prêter à une banque par exemple.

Qu’en conclure ? Que le système bancaire européen va vraiment mal. En décembre, c’était même la Fed qui était intervenue pour faciliter les emprunts par les banques européennes de dollars.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Les ennuis des banques européennes sont loin d’être terminés. Rappelez-vous que les rendements des obligations italiennes à 10 ans dépassent maintenant les 7%, signe que le poids de la dette va commencer à sérieusement plomber l’économie de la Botte. Un appel à l’aide italien pourrait donc être proche, et ce après ceux de la Grèce, de l’Irlande, de l’Espagne et du Portugal.

La BCE essaie d’empêcher la dégringolade en rachetant les dettes des banques européennes et, aussi, celles des Etats en difficulté.

Mais, comme vous le savez, jusqu’à présent Mario Draghi, en cela soutenu par l’Allemagne, se refusait à lancer une politique massive de rachats d’obligations souveraines. Jusqu’à quand pourra-t-il tenir cette position ?

Nous vous en parlions hier dans la Quotidienne, la perspective d’un quantitative easing à l’européenne se fait de plus en plus crédible. Ce qui pourrait donner un gros coup de fouet aux marchés actions, qui repartiraient à la hausse.

Autre bénéficiaire d’une telle politique : l’or évidemment. Et en particulier le cours de l’once en euros. Vous avez certainement remarqué que le métal jaune était en hausse depuis le début de l’année. Il s’affiche à 1 645 $ au moment où j’écris cet article et a déjà gagné plus de 5% depuis le 1er janvier.

Voilà ce à quoi nous nous attendons :
– à court terme, une aggravation des marchés boursiers ;
– puis une reprise à la fois des actions et des matières premières ;
– puis, peut-être d’ici la fin de l’année, une nouvelle dégringolade.

C’est évidemment un scénario qu’il faudra vérifier mais encore une fois, n’oubliez pas ces deux conseils :
1. méfiez-vous d’un probable rebond (nous vous expliquions hier) comment nous avions l’intention de le jouer ;
2. accrochez-vous plus que jamais à votre or.