Via : Romandie.com
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NICOSIE – Chypre, qui vient de prendre la présidence de l’Union européenne, a estimé vendredi être une victime injuste de la crise de la dette en Europe, appelant les pays de la zone euro à partager celle-ci en fonction de leur taille.
Quelques jours après avoir réclamé une aide financière de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI), le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a déclaré que le pays avait payé un prix très lourd dans l’effacement de 107 milliards d’euros de la dette de la Grèce.
Ce plan de restructuration négocié depuis fin 2011 par Athènes avec l’Institut de la Finance Internationale (IIF), qui représente quelque 400 grandes banques, assurances ou hedge funds, a réduit d’environ 50% la valeur nominale des obligations grecques.
Les banques chypriotes détenant des quantités importantes d’obligations souveraines grecques, Chypre a perdu 4,2 milliards d’euros, ce qui représente 24% de son PIB, a déclaré M. Shiarly lors d’une conférence de presse.
Ce n’est pas juste de devoir supporter ça, a-t-il ajouté. C’était un problème européen (…). Je crois que nous aurions dû partager ces pertes équitablement.
Chypre représentant 0,2% de l’économie de la zone euro, le pays aurait dû perdre seulement 200 millions d’euros, soit une somme insignifiante, a souligné le ministre, qui a annoncé qu’il soulèverait probablement cette question lors des négociations sur l’aide avec l’UE et le FMI.
M. Shiarly a refusé de donner un chiffre sur l’aide européenne souhaitée par Chypre tant que les inspecteurs de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI n’auraient pas terminé leur évaluation.
Moscou a cependant confirmé vendredi que Chypre avait demandé un prêt de 5 milliards d’euros, et que la demande était pour l’instant en cours d’examen.
Les conditions offertes par la Russie sont plus favorables, car Moscou, au contraire de l’UE et du FMI, ne pose aucune condition et propose simplement des taux d’intérêt bas, a expliqué cette semaine le président chypriote, Demetris Christofias.
Vendredi, M. Shiarly a balayé les inquiétudes au sujet du taux d’imposition à 10% pour les entreprises, que la troïka pourrait demander d’augmenter en échange d’un prêt.
Je suis confiant qu’une telle demande ou condition ne soit pas faite ou posée, a-t-il dit, rappelant que l’Irlande, un des cinq pays à avoir demandé de l’aide à l’UE, avait maintenu son taux d’imposition pour les entreprises à 12,5%.
(©AFP / 06 juillet 2012 14h36)
Chypre a demandé à la Russie un crédit de 5 milliards d’euros…!!!
MOSCOU – La République de Chypre, touchée par une grave crise économique, a demandé à la Russie un prêt de cinq milliards d’euros, a indiqué vendredi le ministre russe des Finances, Anton Silouanov.
Nous avons reçu une demande de la partie chypriote. Pour le moment, nous l’examinons, a déclaré M. Silouanov, cité par les agences russes.
Le montant demandé est de cinq milliards d’euros, a-t-il précisé.
Actuellement, nous examinons la question de l’utilité d’octroyer un nouveau crédit, a déclaré un peu plus tard le chef du département de la dette au ministère des Finances, Konstantin Vychkovskii.
Il a précisé que pour prendre sa décision, Moscou tiendrait compte de celle de l’Union européenne. Cela sera pris en considération dans la prise de décision, a-t-il déclaré.
Le président de Chypre, Demetris Christofias, avait précédemment indiqué avoir demandé de l’aide d’une part à la Russie et d’autre part à l’UE et au Fonds monétaire international, sans préciser de montant. Il avait souligné qu’un prêt de Moscou serait probablement assorti de conditions plus favorables que celles du FMI et de l’UE.
Nicosie avait déjà obtenu fin 2011 un prêt à taux bonifié de 2,5 milliards d’euros pour 2012 auprès de la Russie, pays avec lequel l’île a des liens économiques étroits.
De nombreux hommes d’affaires et banques russes ont des fonds dans les banques chypriotes, alors que des dizaines de milliers de Russes résident sur l’île touristique.
La République de Chypre, qui a rejoint l’Union européenne en 2004 et adopté l’euro en 2008, a pris de plein fouet la crise économique et financière qui secoue la Grèce, son principal partenaire.
Elle ne peut plus emprunter sur les marchés internationaux de la dette et les trois principales agences de notation ont ramené sa note au niveau spéculatif.
Selon certains analystes, le montant total de l’aide dont aurait besoin Chypre serait de l’ordre de 10 milliards d’euros, à la fois pour venir en aide à ses banques en difficulté et pour équilibrer ses finances publiques.
Le 25 juin, l’île méditerranéenne, qui assure depuis le 1er juillet la présidence semestrielle de l’UE, s’est résolue à demander l’aide de Bruxelles pour son secteur bancaire en difficultés, devenant le cinquième pays de l’Union à effectuer cette démarche auprès des autorités européennes.
Une mission de représentants de la Commission européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne est arrivée mardi sur l’île pour évaluer la situation budgétaire et financière du pays.
Cette mission, qui doit s’achever vendredi, doit notamment établir les mesures d’austérité que doit réaliser le gouvernement pour ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3%. Il a dépassé en 2011 les 6%.
(©AFP / 06 juillet 2012 13h54)





