Archives de janvier, 2012

Si les organisations patronales se réjouissent des annonces de Nicolas Sarkozy sur les futurs accords compétitivité-emploi, elles ne pavoisent pas encore, puisqu’un échec du Président et de sa majorité ruinerait leurs espoirs et ceux de leurs actionnaires !

 

Comme nous vous l’expliquions hier les propos du Président et de son premier ministre sont une transposition de type copié/collé des demandes des organisations patronales, notamment de l’UIMM. Elles s’appuient sur un raisonnement très simple : Transformer la rémunération des salariés en variable d’ajustement de l’activité économique !

Afin d’y parvenir, il est nécessaire de priver ces salariés du droit de s’opposer à une modification unilatérale de leur contrat de travail ! Les organisations patronales n’ayant pas ce pouvoir, elles ont mandaté le Président, son gouvernement et sa majorité.

Ainsi, on a pu entendre Nicolas Sarkozy indiquer que François Fillon allait : « (…) écrire aux partenaires sociaux « pour leur demander de négocier dans les deux mois qui viennent » sur les accords dits « compétitivité-emploi »

Dans la mesure où la CGT et FO y sont totalement opposés et que la CFDT a annoncé qu’elle refusera : « (…) une mesure décidée unilatéralement et précipitamment (…) » Il est clair qu’aucun accord ne peut être trouvé rapidement, au grand dam des organisations patronales.

Alors direz-vous, projet mort et enterré ?

Certainement pas, puisque les organisations peuvent compter sur l’Elysée, le gouvernement et l’UMP pour les aider à obtenir satisfaction. En effet, Nicolas Sarkozy conscient de l’opposition des syndicats de salariés a annoncé lors de son intervention qu’en cas de : « blocage idéologique » des partenaires sociaux, un texte sera présenté au Parlement pour « gérer la période transitoire » avant qu’un accord ne se trouve.

Blocage idéologique qui ne pourrait vous vous en doutez bien provenir des organisations patronales puisqu’elles ont déjà annoncé la couleur sur leurs sites Web.

Medef : « (…) La perspective d’accords d’entreprise "compétitivité-emploi" permettra de faire face avec souplesse et dans le dialogue social à toutes les évolutions de conjonctures. Le Medef se tient prêt à ouvrir immédiatement une négociation avec les organisations syndicales sur le sujet afin de définir le cadre de tels accords (…) »

CGPME : « (…) la CGPME se tient prête à participer à la prochaine négociation interprofessionnelle sur la définition des accords cadres compétitivité-emploi. Elle fera valoir, à cette occasion, la nécessité de mettre en place les conditions de leur application pour qu’ils ne soient pas, dans la pratique, réservés aux seules grandes entreprises mais adaptés à la réalité des PME (…) » Communiqué

Sanction pour les salariés ?

De fait, expliquent Les Echos : « (…) les accords pourront moduler le temps de travail à la baisse, pour préserver l’emploi en réduisant la masse salariale, mais aussi à la hausse, en imposant de travailler plus de 35 heures sans revalorisation salariale (…) »

Les salariés qui seront content d’apprendre que contrairement à la cogestion à l’allemande, les organisations patronales françaises ne semblent pas vouloir s’engager comme leur homologues d’outre Rhin sur une : (…) garantie d’emploi qui peut courir jusqu’à quatre ou cinq ans (…) ni d’ailleurs sur un retour à de meilleurs salaires en cas de meilleure santé des entreprises !

Ce qui en résumé revient à faire payer la crise par ceux qui n’en sont pas responsables ! Et permettre aux actionnaires de voir leurs revenus maintenus

Le pire dans cette affaire, c’est qu’on oublie totalement de l’Elysée à L’UMP en passant par les organisations patronales de parler d’une implication directe pour les salariés : Que se passera t-il, lorsqu’un salarié dont le prêt immobilier ou à la consommation ont été été calculés sur la base ou en fonction de ses revenus, verra sa rémunération baisser de 20% ou plus ?

Eh bien, ils se débrouilleront avec leurs banques, quitte à hypothéquer ou mettre en vente leurs biens. L’essentiel n’est-il pas de permettre aux entreprises de continuer à bien rémunérer leurs actionnaires ?

La TVA sociale que le président essayera de nous vendre dimanche soir, n’est en fait qu’un écran de fumée destiné à masquer les accords-compétitivité-emploi qui vont modifier en profondeur le code du travail au seul profit des entreprises !


Comme vous avez du le remarquer, le dernier élément de langage du gouvernement et de l’UMP, pour faire oublier les chiffres cauchemardesques du chômage est : Restaurer notre compétitivité ! Problème pour les salariés, ils vont le payer lourdement !

Que les salariés ne s’y trompent pas ! La discrétion du gouvernement et l’UMP sur le fonctionnement des accords compétitivité-emploi, est volontaire. En effet, expliquer clairement à quelques semaines de la présidentielle et des législatives que : « (…) cette mesure doit permettre aux entreprises de négocier le temps de travail des salariés en fonction de l’activité du moment (…) En échange d’une garantie de maintien des emplois (…) »

Après négociation avec les représentants des salariés : « (…) trois décisions peuvent être prises : soit augmenter le temps de travail en gardant le même salaire, soit maintenir le temps de travail en baissant le salaire, soit baisser à la fois le temps de travail et le salaire (…) » est assez suicidaire électoralement !

En résumé, le président, le gouvernement et l’UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus !

Belle escroquerie direz-vous ? Et vous aurez raison ! D’autant qu’il existe une face cachée que détaillent 3 avocats en droit social interrogés par L’Express. Ils sont unanimes : Cette mesure suppose de modifier le code du travail en profondeur.

Nous vous conseillons vivement la lecture intégrale et édifiante de l’article de L’Express, dont vous donnons ci-dessous quelques extraits.

« (…) Aujourd’hui encore, l’article L.1222-7 du code du travail autorise la diminution du nombre d’heures dans le cadre d’un accord de réduction de la durée du travail sans que cela ne soit une modification du contrat de travail (…) La seule différence de taille (…) c’est qu’il n’y a pas de baisse de salaire (…) »

« (…) Aujourd’hui le socle contractuel est défini par la loi et la jurisprudence (rémunération, horaires de travail,…). Toute modification contractuelle suppose l’accord du salarié (…) L’idée serait donc de rendre sa force obligatoire aux conventions collectives et aux accords d’entreprise (…) Ils s’imposeraient ainsi aux contrats de travail (…) »

« (…) il faudra fixer avec précision les contreparties possibles : pour les salariés d’une part (maintien de l’emploi ? des contrats de travail ?) (…) Il faudra aussi s’interroger sur le système de surveillance mis en place car le vrai problème est là (…) il faudra des garde-fous, notamment pour savoir jusqu’où il sera possible de baisser les salaires (…) » Et surtout : « (…) à quel niveau pourront être signés ces accords : celui de la branche, de l’entreprise ? (…) »

Mais il y a encore plus grave à notre sens. Il s’agit de la possible requalification du motif de licenciement, en cas de refus d’un salarié de voir modifier son contrat de travail : « (…) Aujourd’hui lorsqu’un salarié refuse une telle modification de son contrat de travail, il s’agit d’un licenciement économique. Ce n’est pas le refus du salarié qui est la cause du licenciement mais le motif de la modification proposée. Il pourrait être décidé que dans ce cas il ne s’agit plus d’un motif économique mais un motif personnel (…) »

En résumé le président, le gouvernement et l’UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus, sans réelles garanties !

Ce qui signifie que l’aventure subie par les salariés de Continental à Clairoix (Oise), dont le site a été fermé en 2010, malgré un accord fin 2007, pourrait devenir une hypothèse courante si les accords compétitivité-emploi étaient généralisés. Car comme le dit avec amertume le secrétaire national de la CGT, Maurad Rabhi : « ces accords n’ont jamais empêché une usine de fermer »

Alors séduits par cette version de la compétitivité qui sachez le, n’est en réalité … qu’une commande passée au gouvernement par l’UIMM, et le Medef ? En tous cas, c’est bien ce qui pourrait arriver aux salariés au cas ou « le président courageux qui protège » était réélu ! Maintenant, c’est vous qui voyez …

Un exemple typique de politiciens indignes trahissant la population, éludant les questions qui dérangent, et soumis au dictat des banques.

Anglo Irish Bank n’a plus de clients: impossible d’y déposer de l’argent ou d’obtenir un crédit.
Pourtant, l’Etat irlandais continue de rembourser à coup de milliards les créanciers privés de cette banque en faillite.

Une injustice que dénoncent les associations, syndicats, et citoyens.
Pour la BCE, l’Irlande fera face à l’équivalent "d’une explosion à Dublin" si elle ne remplit pas ses engagements.

L’Irlande n’a pas fini de payer le prix de la bulle immobilière qui l’a frappée de plein fouet en 2008.

Les banques du pays, coupables et victimes de cette crise, ont du être renflouées à de multiples reprises par le gouvernement irlandais et constituent aujourd’hui une lourde charge pour le budget gouvernemental, et pour les contribuables.

Au total près de 47 milliards d’euros ont été débloqués pour recapitaliser et nationaliser les banques…

Via : euronews.net

Aller ça bouge en Italie…

Un mouvement a vu le jour le 16 janvier en Sicile, le “mouvement des fourches”. Ce soulèvement populaire de producteurs agricoles, de pêcheurs et de camionneurs a décidé un blocus de la Sicile. Durant deux semaines, rien n’est entré ou sorti de Sicile.
“Nous ne sommes ni de droite, ni de gauche”, a expliqué Franco Calderone, agriculteur membre du “mouvement des fourches”.

Les manifestants veulent l’arrestation de tous les politiciens corrompus, réduire le nombre des parlementaires, supprimer la bureaucratie provinciales et notamment les fonctionnaires en place depuis 40 ans,  réduire drastiquement les salaires et avantages des parlementaires et sénateurs, limiter à deux mandats les postes des politiciens.

C’est une nouvelle taxe sur le carburant, décrétée par Monti, qui a déclenché la fronde. L’agriculture, qui ne représente que 2,5 % du PIB du Sud de l’Italie, emploie 20% de la population active. Cette hausse sur le carburant lamine les marges très minces des agriculteurs, dont les produits sont très affectés par l’augmentation du coût de transport.
Ce mouvement s’est propagé à toute l’Italie, les transporteurs routiers bloquant toutes les routes. Cela s’est traduit par une pénurie de carburants dans les stations-services, quand celles-ci n’étaient pas en grève et par une rupture d’approvisionnement de la grande distribution alimentaire.

Très peu de nouvelles dans les médias main-stream. Il semblerait que la police ait dégagé les blocus des camions mais la pénurie de carburant semble perdurer.
Les Vèpres siciliennes avaient chassé les Français en 1282, Français mal perçus par les siciliens écrasés de taxes.

Brève parue sur Euronews le 20 janvier

Montage qui en dit long sur la façon dont un politique prépare une élection…

Puis : Quand Hollande pense à battre la gauche…

BREF UNE SEULE GAUCHE : LE FRONT DE GAUCHE

via : L.I.E.S.I

Source Infoguerilla (Merci à Pascal Roussel, Denissto et Eddie pour l’info) – Il y a quelques heures seulement, il y eut beaucoup de bruit et de moquerie des grands médias sur le témoignage du trader d’Alessio de la BBC. Mais celui d’Attila Szalay-Berzeviczy, actuel dirigeant de la banque UniCredit, est d’un autre calibre et fait passer le témoignage du trader de la BBC pour une « comptine pour enfants ».

Il faut savoir que si Szalay-Berzeviczy est l’actuel chef d’UniCredit global securities, il fut l’ancien président de la bourse hongroise. C’est donc un homme parfaitement au courant du système qui s’est exprimé sur le portail hongrois index.hu.

A la lecture de son témoignage, d’aucuns comprennent combien les moyens de subsistance qu’offre la finance sont devenus quelque chose d’extrêmement fragile. Le second grand ponzi est en train de détruire leurs boulots, leurs carrières, et leur mode de vie tout entier.

« L’Euro est pratiquement mort »

Par rapport au témoignage du trader de la BBC, où l’on objectait la « naïveté », l’inexpérience ou le désir d’attirer l’attention du public, avec Szalay-Berzeviczy c’est le sommet de l’exécutif d’Unicredit qui s’exprime, un parfait initié des rouages du système.

Question : que va-t-il se passer en cas de défaut de paiement grec ? Parmi les assertions stupéfiantes (stupéfiantes dans le sens qu’un banquier actuel ose dire la vérité) on a relevé :

« l’Euro est pratiquement mort » et « l’Europe est face à un séisme financier à cause du défaut grec… » « L’Euro est au-delà de tout sauvetage … » « La seule question qui reste est combien de jours l’action d’arrière garde et sans espoir des gouvernements européens et de la Banque Centrale Européenne pourra entretenir les esprits de la Grèce ». « Un défaut de la Grèce va immédiatement déclencher un séisme de magnitude 10 à travers toute l’Europe »… « Les détenteurs d’obligations du gouvernement grec devront amortir leur investissement entier, les nations d’Europe du Sud vont arrêter de payer les salaires et les pensions et les guichets automatiques seront vides en quelques minutes ». En d’autres termes : bienvenue dans l’Apocalypse….

Mais attendez, il y a encore autre chose. D’après Bloomberg : « L’impact d’un défaut grec pourrait rapidement se répandre à travers le continent, il pourrait inciter à une ruée sur les banques les ‘plus faibles’ des pays ‘les plus faibles’ ». « Une telle escalade de la panique peut balayer l’Europe conduisant à l’éclatement de la zone Euro », ajoute Szalay-Berzeviczy.

Szalay-Berzeviczy est juste arrivé en Hongrie après un voyage à l’étranger, et n’est pas joignable jusqu’à tard aujourd’hui, explique un officiel d’Unicredit, qui a demandé à ne pas être identifié car il est n’est pas autorisé à parler à la presse. Tel est le commentaire de Bloomberg qui a cherché à contacter Szalay-Berzeviczy à son bureau de Budapest, voulant avoir d’autres explications.

Maintenant voici le texte, traduit par Google du hongrois à l’anglais. Certaines nuances peuvent être perdues, mais le message est en gras :

La monnaie commune européenne est virtuellement morte. L’euro est dans une situation de condamné. La seule question qui reste est : combien de jours l’action d’arrière garde et sans espoir des gouvernements européens et de la Banque Centrale Européenne pourra entretenir les esprits de la Grèce ?

Pour le moment, quand Athènes sera déclarée en faillite, un séisme de magnitude 10 va secouer l’Europe, qui sera l’ouverture d’une nouvelle ère dans la vie du vieux continent. En effet, une banqueroute de la Grèce signifie non seulement que les détenteurs de titres du gouvernement grec ne vont pas récupérer l’argent investi, mais aussi, à l’intérieur, que l’Etat grec sera incapable de rembourser ses dettes.

Pour le moment, parmi les Grecs, seuls les docteurs, policiers, militaires, ministres et employés gouvernementaux locaux ne recevront pas leurs salaires, tout comme les séniors ne s’attendent pas à passer de bons moments. L’ATM est vidé en quelques minutes. Les banques locales sont coincées car détenant des titres du gouvernement déclenchant une crise de liquidité immédiate et la dévaluation du système bancaire grec dans un effondrement total.

Ainsi l’épargne des déposants est totalement perdue (…) les gens ne seront pas en mesure de retirer de l’argent (…) Le peuple manquera de carburant et de nourriture. La Grèce est pratiquement à l’arrêt complet pour une décennie et il y aura une baisse spectaculaire du niveau de vie dans le pays entier.
Le problème est que, dans ce cas, la catastrophe ne peut pas s’arrêter à la frontière grecque. Avec sa vitesse et son élan, la crise grecque va toucher l’ensemble de la zone euro, l’Europe et enfin secouer le monde. Un canal par lequel se répandrait l’infection.

Bien sûr, un tel scénario serait l’effondrement du système bancaire. En effet, les banques internationales vont devoir subir des centaines de milliards d’euros de pertes et seront tôt ou tard obligés de verrouiller les échanges avec les autres banques, qui ont à voir avec un pays où –selon les attentes des investisseurs – l’arc de crise grec frappera à nouveau.

Et quand les banques ne se font plus confiance les unes aux autres, qu’elles arrêtent de se prêter les unes aux autres, les marchés financiers internationaux s’arrêtent. Cela signifie que toutes les institutions financières sont laissées seules avec leurs clients.
Les pays pauvres avec des banques faibles vont commencer à paniquer avec des retraits de fonds de détail. Cela va avoir des répercussions sur les marchés interbancaires, et l’on risque une crise de liquidité immédiate. Toutes les institutions financières pourraient être mises en faillite. (…)

La suite pour les courageux (ou les hongrois) ici :

http://index.hu/gazdasag/penzbeszel/201 … ankrablas/

 

 

Un peu d’anti conformisme sur une télé business ça fait du bien !!!

Via : LCI.TF1.fr le 24 janvier 2012 à 11h39

L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé d’un cran les notes de trois groupes bancaires français, et celle de la Caisse des Dépôts a perdu son triple A. Les valeurs bancaires chutaient en Bourse.

Siège de l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) à New York
Siège de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) à New York © ABACAPress

La Société Générale, le Crédit Agricole et BPCE sont désormais notées "A", contre "A+" auparavant. L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé d’un cran leurs notes mardi matin, avant l’ouverture de la Bourse. Elle a en revanche épargné BNP Paribas, après avoir songé à l’abaisser. La première banque hexagonale et deuxième de la zone euro voit finalement sa note de long terme confirmée à "AA-".

Cette note est la quatrième meilleure possible dans l’échelle de classification de S&P, ce qui fait de BNP Paribas l’une des banques européennes les mieux notées (et l’une des rares à conserver un "double A"). La filiale de BPCE Natixis voit sa note de long terme abaissée d’un cran à "A". S&P précise que les notes à long terme de BNP Paribas, Société Générale, BPCE et Crédit Agricole SA seraient inférieures d’un cran si elles n’étaient pas assurées d’un soutien indéfectible de l’Etat en cas de difficultés.

La Caisse des dépôts, bras armé financier de l’Etat, a, elle, perdu son triple A. Cette série de décisions est la conséquence directe de la dégradation de la note souveraine de la France, a expliqué S&P. La France a perdu le 13 janvier sa note "AAA", la meilleure possible sur l’échelle des agences d’évaluation financière.

Recul en Bourse

Après ces annonces, les valeurs bancaires étaient en recul, mardi matin à la Bourse de Paris. Peu avant 11h, le titre Société Générale perdait 4,5%, BNP Paribas reculait de 1,78%, Crédit Agricole de 3,76%. Hors CAC 40, qui reculait de 0,69%, Natixis était en baisse de 5,38%.

Et en cloture :

 Intraday SOCIETE GENERALE 23h04 – 24/01/2012
   -5.39% 21.57 EUR
 Intraday CREDIT AGRICOLE 23h04 – 24/01/2012
   -4.07%   4.98 EUR
Intraday BNP PARIBAS 23h04 – 24/01/2012
   -2.02% 35.34 EUR

"Les annonces de l’agence étaient largement intégrées par le marché et le secteur bancaire qui avait fortement progressé ces dernières séances est surtout victime de prises de bénéfices", estime Jérôme Vinerier, analyste chez IG Markets. "Standard & Poor’s s’est contenté d’appliquer mécaniquement ses critères d’évaluation", souligne de son côté Pierre Flabbée, spécialiste du secteur chez Kepler.

Le modèle social français est une entrave pour les banquiers et assureurs qui lorgnent sur un pactole pour l’instant inaccessible. Denis Kessler l’un de leurs meilleurs porte parole ne désespère pas de liquider cet héritage du Conseil National de la Résistance pour leur plus grand profit.

 

Il est probable que peu de gens auront lu ce matin l’interview de Denis Kessler, l’actuel PDG du réassureur SCOR dans laquelle il déclare : « notre modèle social n’est pas tenable ». Et pourtant elle est importante. En effet, dans cette interview, l’ex-numéro deux du Medef et ex patron de la Fédération française des sociétés d’assurances, explique qu’au nom de la compétitivité, il est nécessaire de : « réinventer un modèle social adapté à notre temps »

Les initiés diront que ces propos ne sont pas nouveaux dans la mesure où Denis Kessler s’est juré d’avoir la peau d’un système qu’il exècre, et qui est issu du Conseil National de la Résistance. Pour s’en convaincre, il suffit de relire la tribune publiée sur le magazine Challenge en 2007

Extraits : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer (…) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! (…) Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine, se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif (…) le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite (…) »

On pourra répondre à monsieur Kessler que la baisse des remboursements des frais de santé qui a profité aux mutuelles et compagnies d’assurances ont aboutit à ce que : « (…) plus d’1 Français sur 4 (27%) avoue avoir déjà reporté des dépenses de santé, faute de moyens financiers suffisants en 2011 (…) » Ce qui n’est malheureusement qu’un début, puisque, en novembre 2011, on apprenait que : « ( … ) 32% des Français sont prêts à renoncer à leur mutuelle santé, si elle devient trop chère (…) Pour ceux qui résisteraient encore, ils reverraient les garanties à la baisse mais favoriseraient à 42% la couverture des frais d’hospitalisation, devant les frais de soins courants (…) » Et comme 2012 sera une année exceptionnelle en matière d’augmentations de tarifs !

Tout comme la brillante idée qui a consisté à « privatiser » une partie du travail de Pôle Emploi en ayant recours à des entreprises prestataires, pour s’apercevoir un peu plus tard, que le taux de retour à l’emploi était plus élevé dans le service public que chez un opérateur privé !

Mais ceci ne pose aucun problème à Denis Kessler pour qui la cible ultime est la retraite. Il est d’ailleurs clair dans son interview : « (…) l’absence de fonds de pension dans notre pays est une erreur historique… que l’on n’a toujours pas corrigée » point de vue qu’il partage avec Laurence Parisot qui proposait en mai 2010 de rendre obligatoire la capitalisation individuelle.

Pour en revenir à Denis Kessler, il expliquait dans Challenges, comment équilibrer durablement le système des retraites. A savoir faire assumer par le budget de l’état une retraite de base minimale dont les conditions d’accès seraient drastiques (durée de cotisation, âge légal de départ ) et maintenir une partie de répartition classique. Notons au passage que les deux premiers piliers seraient interdits de déficit. Pour le troisième pilier, la capitalisation ferait le reste, à répartir … entre les assureurs et banquiers !

Si en période économique faste, cette démonstration peut éventuellement se défendre, en période de crise et de chômage très élevé, la mise en place d’un tel système ne bénéficierait qu’aux revenus les plus élevés qui pourraient ainsi librement choisir la date de leur départ à la retraite. Pour les autres ….

Autre problème : Quelle pérennité des fonds de pensions et quelles garanties de service d’une pension correcte sur des durées de versement pouvant excéder 25 ou 30 ans ?

A priori aucune, dans la mesure où l’état n’est pas censé garantir les fonds de pensions privés.

Des exemples ?

20Minutes nous expliquait en juin 2009 : « (…) L’Irlande, l’Australie, le Danemark, les États-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, où les fonds de pensions ont un poids important, sont les plus affectés. Dans ces pays, cette perte de revenus met les salariés les plus âgés dans la plus mauvaise posture. Ils n’ont guère le temps de reconstituer leur épargne avant de devoir commencer à puiser dans leurs actifs pour financer leur retraite (…) »

En fin de compte, les seuls vrais bénéficiaires d’une rente seraient les assureurs et les banquiers qui disposeraient d’une épargne captive de longue durée leur permettant d’engranger des frais de gestion et des revenus issus du placement de l’argent des futurs retraités sans réel engagement vis à vis des épargnants retraite.

Mais Denis Kessler est formel : « (…) un modèle social financé à crédit n’est pas durable. Il faut réinventer un modèle social adapté à notre temps (…) Nous sortirons de l’ère du désendettement qui s’annonce d’autant plus rapidement que notre pays acceptera les réformes indispensables de son organisation collective pour renforcer sa compétitivité (…) »

Eh oui, capter une partie plus ou moins grande des quelques 100 milliards d’euros de la retraite par répartition est à ce prix …

Via : myeurope.info

Baisser leurs salaires de 10% pour monter l’exemple en ces temps de disette budgétaire ? Les députés français ont dit non comme leurs confrères grecs. Les élus italiens ont, eux, compris qu’ils devaient monter l’exemple. Quant aux eurodéputés, leurs indemnités déjà mirobolantes ont été revues… à la hausse.

"Embrassons-nous Folleville !". Le salaire est confortable et les avantages divers et variés aux frais de la République en font une belle et confortable rente de situation en ces temps où il fait si froid dehors !

Ce n’est pas du Labiche, mais le pathétique spectacle donné au Théâtre Palais Bourbon cette semaine par les élus de la Nation qui ont refusé de baisser de 10% leur salaire. La proposition émanait de, Lionnel Luca, député UMP, qui voyait là une occasion de "réconcilier les Français avec leurs élus".

Mais combien gagne un député français ? Est-il mieux loti que ces confrères européens ? Nous avons comparé dans le détail sa rémunération avec celles des élus italiens, grecs, anglais, allemands et les députés européens. Surprise, surprise : les députés grecs et, surtout, les eurodéputés ont vraiment un job en or. Loin, très loin, devant les Allemands.

  • Salaire mensuel net : 5.246,81 € net.

Auquel il faut à cela ajouter :

  • 6.412 € brut pour les frais divers
  • 9.138 € pour rémunérer ses collaborateurs.
  • Le TGV gratuit en 1ère classe
  • Cinq lignes téléphoniques remboursées
  • Un abonnement Internet haut débit.

Soit une enveloppe totale de plus de 20.000 €.

Italie : deux baisses de 10%

Selon l’article 69 de la Constitution italienne, l’indemnité des parlementaires ne doit pas dépasser le salaire brut annuel accordé aux magistrats ayant rang de président de la Cour de Cassation. Les parlementaires touchent 12 mensualités.

En 2006, l’indemnité a été réduite de 10%. En 2007, les augmentations ont été gelées pour six ans. Le 28 septembre 2011, le bureau de la présidence du Parlement a, de nouveau, réduit l’indemnité de 10% pour les députés qui déclarent plus de 90.000 euros par an et de 20% pour ceux qui déclarent 150.000 euros brut par an.

Depuis le 1er octobre 2011 :

  • Salaire mensuel : 5246.97 € ou 5007,36 € pur ceux qui ont d’autres revenus.
  • Les députés qui n’habitent pas Rome bénéficient d’une indemnité forfaitaire mensuelle de 3.503,11 €.
  • Les députés qui n’assistent pas aux séances perdent 206,58 € par jour.
  • Indemnité forfaitaire pour frais divers : 3690 € par mois.
  • Remboursement frais téléphoniques : 3098,74 euros par an.

Cette somme leur est allouée par le biais du groupe parlementaire auquel ils appartiennent. Les députés reversent 6,7% de leur salaire brut, soit 784,14 euros par mois, à un fonds parlementaire. Au terme de leur mandat, ils perçoivent un une prime dont le montant équivaut à 80% du total brut perçu chaque année. Les parlementaires versent aussi 8,6% de leur salaire brut par mois. Le député ayant couvert une législature, soit cinq ans, percevra une retraite représentant entre 20 et 60% de son salaire dès 65 ans.

Grèce : la crise, connait pas !

Leur pays est en faillite, et alors ? Les députés grecs viennent de refuser une baisse de leurs ressources et font partie des très rares privilégiés qui continuent d’avoir des facilités de crédit.

  • Salaire mensuel net : 8500 €
  • Indemnités parlementaires : 4900 € net
  • Revenus forfaire pour participation à des commissions : 1200 €
  • Frais de bureau : 936 €
  • Frais de transport : 364 – 607 € (de plus, transports publics gratuits : trains, bus, ferries)
  • Communication/Courrier : 834 euros
  • Indemnité de logement (pour les députés de province) : 1000 euros.

Gel des salaires au Royaume-Uni

Etre membre de la Chambre des Communes offre un statut social envié et une solide rémunération. Le salaire des députés britanniques a néanmoins été gelé en mars à la suite de la levée de boucliers de la presse et de la rue à la suite d’une proposition du parlement d’une hausse de…1%.

  • Salaire : 5478 £ net par mois (6.396 €)
  • Indemnité transport pour se rendre au Parlement : 313 £ (365 €) pour ceux qui habitent dans Londres et 424 £ par mois (495 €) pour ceux qui habitent en banlieue de Londres.
  • De plus les frais de transports sont remboursés jusqu’à 96 allers simples par mois entre la circonscription et Westminster à partager entre l’ensemble des employés du député.
  • Indemnité logement : 1658 £ (1935 €) par mois pour ceux qui louent un deuxième logement car habitant hors de Londres.
  • Frais de bureau : 2.000 £ (2.336 €) par mois à Londres ou 1.791£ (2.092 €) par mois si les bureaux sont en dehors de Londres
  • Indemnité forfaitaire pour rémunération collaborateurs : 9583 £ (11.200 €)

Soit un total mensuel maximum possible de : 18.510 £ (21.617 €) par mois pour les parlementaires vivant hors de Londres et de 17.374 £ (20.300 €) pour ceux qui vivent en banlieue.

Les députés allemands ne cachent rien

Net et sans bavure. Pour découvrir les salaires de leurs députés, les allemands n’ont qu’à se rendre sur le site internet de leur Parlement. Les contribuables peuvent ainsi apprendre que les représentants du peuple touchent :

  • Salaire mensuel : 7 668 € imposable.

Aucune prime ou indemnité supplémentaire.

La dernière augmentation que les membres de la chambre basse se sont accordés remonte au 1er janvier 2009 ((+ 4,48 %). L’année précédente, ils s’étaient déjà octroyé une rallonge de 4,7%. Cette transparence permet d’éviter toute polémique en Allemagne.

Les eurodéputés payés double !

Et les eurodéputés ? Ils se sont voté coup sur coup, début 2010, et derechef, en mars 2011, deux augmentations de 1500 € chacune de leur "dotation mensuelle". Lors du vote, l’eurodéputé verte allemande, Helga Trüpel avait, en vain, dénoncé ce vote "tout simplement insensé en période d’austérité et de coupes budgétaires". Motif invoqué par les députés européens pour justifier cette décision : "l’augmentation de la charge de travail issue des nouvelles compétences héritées du Traité de Lisbonne (!)".

Les dépenses des parlementaires européens – salaires, frais de voyage, bureaux et rémunération des assistants représentent environ 25 % du budget annuel de 1,5 milliard d’euros du parlement européen.

  • Salaire mensuel brut : 7.956,87 €. Après déduction de l’impôt européen et de la cotisation d’assurance accidents, le salaire est de 6 200,72 €.
  • Indemnité mensuelle pour frais divers : 4.299 € par mois.
  • Dépenses de personnel : 21 209 € par mois.
  • Les billets d’avion (en classe affaire) ou train (en 1ère classe) pour se rendre à Bruxelles ou Strasbourg sont remboursés.
  • Indemnité forfaitaire de voyage en Europe : 4 243 € par an

Mais, et cela change tout, les eurodéputés sont payés deux fois :

Une fois pour exercer leur mandat avec leur salaire mensuel, et une autre fois pour faire leur travail de parlementaire :

  • Le Parlement leur verse une indemnité forfaitaire de 304 euros par jour de présence "aux réunions officielles des organes du Parlement dont le député est membre qui sont organisées à l’intérieur de la Communauté européenne".

Au total, un eurodéputé présent à la séance plénière mensuelle à Strasbourg et autre réunions de groupe ou de travail à Bruxelles, soit une vingtaine de jours par mois, peut coûter au Parlement européen, hors frais de transport et d’hébergement, près de 40 000 euros par mois !


Actualisé le 21 novembre à 11h : montant total total du coût mensuel d’un eurodéputé évalué à 40 000 euros et non pas 60 000 euros comme indiqué initialement pas erreur de calcul.


Dans un autre registre, le Parlement européen a adopté jeudi dernier un nouveau "code de bonne conduite" obligeant les eurodéputés à plus de transparence. Ils devront désormais déclarer les relations dans les trois ans avant le début de leur mandat avec des entreprises qui pourraient engendrer des conflits d’intérêts. Wait and see.